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Blog EntryUn dimancheFeb 24, '08 1:48 PM
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Tremblante, toute tremblante, tremblante comme une feuille au vent, au grand vent qui mélange et malaxe, aux rafales qui créent l’étonnement des êtres. J’ai peine à m’en sortir de cette délicieuse tourmente, et pour tout vous avouer, je n’en ai pas vraiment envie. C’est ce qui doit arriver quand on découvre un nouveau monde, une nouvelle civilisation du verbe, un nouveau pan de cet incroyable paysage humain. Comprenez-bien, il ne s’agit pas de colonisation, ce serait le comble ! mais de grandes et belles épousailles, une union célébrée dans le TGV Bayonne-Paris et  inversement, entre une foule de supporters colorés et des bambins braillards, au milieu d’aveugles qui n’ont rien vu de ces noces. Faut dire, c’était discret. Mais essentiel.

J’ai connu Patrick Chamoiseau, j’ai connu son « dimanche au cachot » et pour moi, ce fut un dimanche, un fabuleux dimanche de libération.


Blog EntryPhilippe Grimbert, Un secretJul 1, '07 3:12 PM
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De celui-là, je ne vous dirai pas grand-chose. Le lire, c'est tout. Il fait partie de cette famille de rencontres sans retour. Vous ne pouvez plus être après comme avant. Un soc pénétrant la terre de votre être pour labourer l'intime et faire resurgir les émotions oubliées, les éclairer d'un soleil nouveau, les arroser des pleurs de l'âme.  Alchimie  des profondeurs, ce qu'on croyait mortifère se mue en sol irisé et fécond.
Bonne lecture


 

Après Sôséki, un dépaysement d’un tout autre ordre : le Groenland. J’ai toujours eu un faible pour les histoires nordiques. Tout a commencé avec « Le merveilleux voyage de Nils Holgerson à travers la Suède », de Selma Lagerlof. Savoir pourquoi ce conte a tellement marqué ma jeunesse, allez savoir… Peut-être l’envol vers d’autres contrées que j’appelais de tous mes vœux, la rencontre d’une nouvelle nature, l’exotisme des plages glacées. De l’exotisme, c'en est rempli dans ces racontars de banquise, dans ces histoires d’hommes, de loups, d’ours, de corbeaux, d’esquimaux morts depuis des siècles, de musulmans convertisseurs de brutes épaisses et givrées, de petits qui deviennent immenses, le tout assaisonné au sel de cet écrivain incroyable qui a vécu, à peu de choses près, les mêmes aventures que les protagonistes de ses nouvelles fraîches.

Je vous conseille ce bouquin un soir de déprime, une nuit où tout va mal, où quelques fantômes viennent partager lit et couvert sans en avoir été invités. Contez donc à haute voix ce qu’il advint à Petit Pedersen le complexé, narrez ce fabuleux procès fictif qui ébranla toute la côte nord-est du Groenland, riez de la quasi conversion à l’islamisme des habitants de cette même côte, émerveillez-vous devant la naissance d’un poète contre la conviction profonde de son âme et de tout un tas de choses de cet acabit. Si, en plus, vous arrosez votre soirée d’un petit verre d’eau de vie de myrtilles, vos fantômes seront enchantés et une joyeuse réconciliation sera proche. Les contrées hivernales ont des vertus inattendues sur le cœur des hommes et des autres… Un réchauffement des pôles contre lequel, assurément, on ne cherchera pas à beaucoup lutter ! 

 

Bonne lecture ! ;-)

 

(et pour une interview de cet étonnant bonhomme : http://www.lire.fr/entretien.asp?idC=45201&idR=201&idTC=4&idG )



« Choses dont je me souviens » de Sôseki ou la sérénité faite verbe.

Sôseki (1867-1916) est un écrivain-poète japonais qui a chevauché le XIX et le XXème siècle, la féodalité et la modernité. Dans ses écrits, se mêlent le japon millénaire et cette révolution occidentale qui pointent ses fumées et sa nouvelle vision de la vie. En 1910, il pourrait prétendre à pénétrer sereinement dans son âge d’or, écrivain reconnu, mari et père aimé.

Mais la maladie le ronge. Un ulcère à l'estomac, le mal acide des angoissés et des mélancoliques, s’occupe de son intérieur. Une première hémorragie l’oblige à garder le lit durant plusieurs semaines. Et puis, le 24 août, Sôséki meurt. Durant trente minutes, il quitte le monde des vivants. « Choses dont je me souviens » est le journal tenu au cours de cette période, c’est la douleur transmutée en instants poétiques, la mise sur papier de cette saveur de vie qui ne peut être gouttée qu’après avoir vécu l’extrême. Bien être de survivant qui finira par être happé par la fadeur du quotidien, l’auteur en est conscient. Restera cette soif de poésie qui ne s’éteindra qu’avec la mort.

A chaque page de l’ouvrage un instant poétique, un instant d’arrêt du temps : le carmin du sang dans la cuvette émaillée ; le son sec du tambour, battement presque insupportable du temple voisin ; l’élégance des cosmos s’épanouissant en fine ramure dans l’œil du malade ; l’espace amenuisé du corps, qui finit par se  perdre dans l’immense lit d’hôpital.

Un ouvrage égrenant haïkus et kanshis (poèmes rédigés en chinois classique) lumineux.

« J’ai erré

Entre le ciel et la terre

Dans l’immensité

J’ai tenté de saisir l’instant qui sépare la vie de la mort

Mon cœur s’en est allé

Mon âme s’est envolée

Je suis revenu à la vie mon heure n’était pas venue

Ma conscience est vague comment comprendre

Triste autonome j’erre de rêve en rêve

Comme si le temps

Faisait vibrer les cordes de la mélancolie

L’automne s’approfondit ma tristesse le suit

J’ai laissé ma jeunesse aux portes de la mort

Bouillon de riz et remèdes me laissent sans force

Devant la mélancolie de l’arrière-saison

J’ai franchi la ligne de la mort

Immense et vide

Branches dénudées

Feuilles tombées

Je suis pareil aux arbres nus

La vieillesse est sans éclat

Mon visage est sans couleur

Premiers frimas

Et la rosée

Je vais tenter d’en faire

Un poème »

 

Bonne lecture !


Blog EntryNotes de lectureMay 20, '07 10:21 AM
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Dans ces notes, je vais tenter de vous faire partager l’enthousiasme que j’ai pu avoir en lisant tel ou tel ouvrage. Je lis peu et uniquement ce qui me plait vraiment. Je n’ai jamais eu le courage d’aller au bout d’un bouquin qui m’ennuyait. C’est peut-être une erreur, l’indice d’un caractère faible et fragile, pire la preuve d’une totale inaptitude à « forcer la bête ». Dans ces temps où les devises sont : « je travaille, donc je suis », « je peine donc je survis », «  je fais des heures supplémentaires donc mon employeur se réjouit », ça ne pardonne pas. Mais, Monsieur, avant de me juger, écoutez la plainte de la flemmarde génétique : elle a été dessinée comme ça, n’a pas eu le choix, la vie est dure –si vous saviez- pour les fainéants congénitaux. Tant d’agitation autour de soi, ça fatigue, forcément ! Et toutes ces pages qu’on aurait pu tourner si seulement, on avait eu la volonté pour le faire ! Enfermés dans notre unique plaisir de lire, on est à plaindre, je vous assure, Monsieur, bien plus qu’à blâmer !


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