Odilon Redon, Les yeux clos, 1890
musée d'Orsay
Evidemment on creuse
Evidemment c’est comme ça
On n’a rien demandé à personne
Mais le trou se fait
Et dans sa profondeur on se trouve
Et dans sa profondeur on se perd
Banalité
Des mots et des pensées
Tous les matins, la pelle, la pioche, c’est reparti !
Les outils sont là, au pied du lit, à attendre.
Bon,
On n’a pas le choix.
Ah ?! Si, c’est ce qu’il disait la dernière fois,
On n’a que le choix
Pareil
Choix, pas choix, faut continuer.
Pour continuer, faut pas trop se poser de questions.
Les questions c’est du cafard en boîte,
Tôt ou tard, ça vous saute à la gorge,
Pas la question… l’espace dans la boîte,
Le vide dans la réponse.
Alors les questions, faut y faire attention.
Laisser ça aux spécialistes.
Déjà, trop discuté.
Au boulot !
Evidemment, il y a les bulles,
Champagne ou autres…
On oublie, on croit être là, présent, entre amis, en famille,
Présent, là, voilà, présent, c’est pour cela la vie, pour ces moments là,
Ici et maintenant.
Tintin !
Le matin on se réveille, bulles éclatées, les outils sont là, sourire aux lèvres,
Au boulot, qu’y disent !
Alors on y va.
Y en a qui écrivent « journalier »…
Oui, ça doit être ça,
Journalier.
Quoique, journalier, ça veut dire travailleur de jour.
Mais la nuit, ces satanés outils, peut-être qu’ils nous travaillent encore plus.
La nuit, le noir,
Z’aiment bien ça.
Bon encore un trou à faire,
Je vous laisse.
Sont bien lourds ces outils
L’est bien profond ce trou