Il faut faire l’écriture profonde
J’ai lu Nâzim Hikmet à travers le voile de ses mots traduits
A travers ma pensée oblique
J’ai lu Nâzim Hikmet j’ai lu Younous le boiteux et Istanbul j’ai lu les parois froid
es de la prison et les matins ensoleillés la silhouette des femmes nuages se découpant à la fenêtre
J’ai lu cette écriture profonde comme un ciel de nuit d’été un jour désespéré avec au coin des lèvres ce rayon étrange et le rouge la multitude des grenades éclatées sur le mur blanc et cet enfermement qui fleurit le salpêtre en univers salé de bord de mer
Voilà
C’est cela qu’il faut écrire
Profondément
Pas un acte d’amour
Un acte de pure vie
Un acte blanc
Où les yeux viennent puiser la source de leur horizon les yeux enfoncés dans les orbites des jours et des semaines et des années les yeux libres les mains libres la bouche libre
Là pleinement Homme pleinement Femme au fond du cachot de chair respirations profondes de l’Être terre et ciel écrits en capitales sur le dos du temps
(merci à Aliénor pour cette découverte)