
Sur la colline elle marchait à peine tant ses pieds semblaient des ailes.
L’herbe déroulait son tapis de lumière et d’insectes. Instants enchantés où l’avant n’a plus d’histoire.
Où l’après n’a plus de ciel.
La clarté du matin était aussi douce que ces regards d’amants devant son innocence.
Elle marchait en reconnaissant dans chaque rocher l’éternité de peau ;
Au loin, bien sûr, l’horizon rouge, le temps avaleur d’enfants et de vieux, le soleil liquide des Hommes. Au loin. Très loin.
Sous ses pieds, qui semblaient des ailes, le calme de la colline. Des remous et des feux anciens était né l’orbe miraculeux des pierres.
Sous ses ailes, les ans furieux avaient fui.
Sous ses pieds, la colline apaisait ses peurs de terre. Qui connaît l’émotion du minéral ?
Cheveux mêlés aux nuages, cheveux mêlés au fil du matin, cheveux mêlés aux cris lointains des effrayés, cheveux mêlés aux insectes brillants ; cheveux mêlés aux oiseaux, cheveux mêlés au monde.
Sur la colline, libres étreintes d’air et de vent, sur la colline, la jeune fille aux courbes d’ailes, sur la colline, la folie en bouquets de présent, sur la colline,
Elle mélangée Elle tout Elle univers
Elle