Van Gogh, Branches fleuries d'amandier, 1890
Parfois il faut poser ses valises
Poser ses bras, ses jambes, son cœur
Et ses paroles.
Laisser le chagrin seul maître à bord
Sentir de ses yeux d’ombre monter les flots de larmes
Se croire anéanti par la main froide du destin
Lever son fantôme de poing pour hurler l’injustice du monde ;
Et puis voir qu’à côté de soi
Ce tas de peau, de muscles, de membres et d’esprit
Existe encore.
On reprend le costume. On se remet debout et, un peu tremblant, un peu humide, avec dans sa poche la pierre lourde des pleureuses, on continue l’étrange chemin blanc, le vertige à jamais inscrit dans sa chair.